Rassegna Stampa Elezioni Israeliane 2009

Monitoraggio attraverso i media internazionali delle elezioni in Israele del Febbraio 2009

Israël : l’électorat de gauche a voté utile

Posted by alicemarziali su 11 febbraio, 2009

LE MONDEDans un “chat” sur Le Monde.fr, mercredi 11 février, Michel Bôle-Richard, correspondant du Monde à Jérusalem, estime que “le processus de paix est mort” si Benyamin Nétanyahou est appelé à former un gouvernement, même si ce dernier “devra composer avec la volonté exprimée par Barack Obama de régler le conflit israélo-palestinien”.

YenadUmghar : Les Israéliens ont choisi les plus extrémistes. Peut-on déclarer sans aucune illusion la mort du processus de paix ?

Michel Bôle-Richard : Tout dépend en fait de qui sera choisi comme premier ministre pour former le gouvernement. Tzipi Livni, qui est arrivée en tête, a dit clairement qu’elle voulait continuer le processus de paix, mais comme elle va avoir des difficultés à rassembler une coalition et former un gouvernement, le processus de paix est suspendu à la décision qui sera prise par Shimon Pérès, chef de l’Etat, d’appeler Livni.

Dans le cas contraire, si c’est à Nétanyahou qu’il est demandé de former le gouvernement, on peut dire que le processus de paix, qui était déjà moribond, est mort. Parce que le chef du Likoud a clairement dit qu’il voulait une paix “économique” avant de négocier quoi que ce soit avec les Palestiniens. Il s’est d’autre part prononcé contre le retour des réfugiés, contre la division de Jérusalem, et pour la continuation de la colonisation, invoquant la croissance naturelle des colonies.

Estelle Moissan : Avec le tournant à droite d’Israël, quel est l’avenir du Parti travailliste ? Et celui d’Ehoud Barak ?

Baskal : Le Parti travailliste a-t-il encore un avenir ?

Michel Bôle-Richard : Le Parti travailliste, qui est en fait le parti fondateur de l’Etat d’Israël avec Ben Gourion, et qui, pour la première fois en 1977, avait perdu le pouvoir, a subi le 10 février sa plus lourde défaite, puisqu’il passe de 19 à 13 sièges au sein de la Knesset. Ehoud Barak a clairement dit qu’il souhaitait rester ministre de la défense si son parti obtenait une vingtaine de sièges, ce qui n’est pas le cas. Est-ce qu’il va rejoindre une coalition qui serait formée par la droite avec le Likoud, ou est-ce qu’il va entrer dans l’opposition pour essayer de refonder le Parti travailliste ? Là est toute la question.

En tous cas, il est clair que les forces de gauche en Israël, représentées essentiellement par le Parti travailliste et le Meretz, totalisent seulement 16 sièges sur 120 à la Knesset, ce qui est du jamais-vu en Israël. Il est incontestable que l’électorat de gauche a voté utile, c’est-à-dire que les citoyens de gauche ont voté en faveur de Tzipi Livni et de Kadima pour tenter de barrer la route à la droite, à Nétanyahou et à Lieberman.

Adrien : L’extrême droite semble avoir un rôle d’arbitre à jouer. Comment définiriez-vous ce parti, Israël Beitenou ?

Michel Bôle-Richard : Israël Beitenou est un parti d’extrême droite, ultra-nationaliste, que l’on a souvent comparé au Front national de Le Pen et au parti de Jörg Haider en Autriche. Souvent taxé de racisme et étiqueté comme fasciste, Lieberman, son leader, s’est bien gardé de franchir les lignes rouges du racisme et du fascisme pendant la campagne électorale, axant essentiellement son discours sur la menace que, selon lui, représentent les Palestiniens d’Israël, c’est-à-dire les Arabes ayant la citoyenneté israélienne et qui représentent 20 % de la population, soit 1 500 000 personnes.

Pour Avigdor Lieberman, les Palestiniens d’Israël ne sont pas loyaux envers l’Etat juif. C’est pourquoi il a proposé une loi demandant aux Palestiniens d’Israël de prêter un serment de loyauté sous peine d’être déchus de leur citoyenneté. Je rappelle également que Lieberman s’est par le passé prononcé pour deux Etats ethniquement homogènes : un Etat israélien purement juif, et un rattachement des zones arabes du territoire d’Israël à un Etat palestinien. Ce dont les Palestiniens d’Israël ne veulent absolument pas.

Whosnext : Existe-t-il un risque que pour parvenir à former un gouvernement, Tzipi Livni s’allie avec Israël Beitenou ?

Michel Bôle-Richard : Il est possible que Tzipi Livni s’allie avec Israël Beitenou, ce n’est pas exclu. Je rappelle d’ailleurs que Lieberman a fait partie du gouvernement de Kadima, avec Olmert, pendant un an et demi, en tant que ministre des affaires stratégiques pour consolider la coalition dirigée par Ehoud Olmert, ancien dirigeant de Kadima. Toutefois, il est plus probable, comme l’a dit hier soir Lieberman, qu’Israël Beitenou choisisse un gouvernement de droite et donc rejoigne le camp du Likoud.

Hope : Peut-on imaginer une coalition Kadima-Likoud ?

Michel Bôle-Richard : Oui, on peut très bien l’imaginer, d’autant plus que Tzipi Livni a rappelé hier soir qu’elle avait proposé avant les élections un gouvernement d’union nationale à Nétanyahou, lequel l’a refusé parce qu’à cette époque il était en tête dans les sondages et qu’il avait déclaré que c’était aux électeurs de décider. Et à l’issue des résultats d’hier soir, Tzipi Livni a reproposé de former un gouvernement d’union nationale, dont elle prendrait la tête, mais Nétanyahou a refusé, estimant que le clan national, les forces de droite, au sein de la nouvelle Knesset, étaient en nombre supérieur par rapport à la coalition que pourrait conduire Tzipi Livni.

Mirak : Les Etats-Unis pourront-ils faire pression sur Nétanyahou s’il devient premier ministre ?

Michel Bôle-Richard : Si Nétanyahou devient premier ministre, et si les Etats-Unis veulent réenclencher le processus de paix, il est inévitable que Washington exerce des pressions sur un gouvernement Nétanyahou. Je rappelle d’ailleurs que les accords de Wye River, à l’époque de Bill Clinton, ont été signés à la suite des pressions de l’administration américaine. Donc si Nétanyahou est nommé premier ministre, il devra composer avec l’administration américaine et la volonté exprimée par Barack Obama de régler le conflit israélo-palestinien.

Whosnext : La percée spectaculaire d’Israël Beitenou signifie-t-elle que la communauté russophone prend une part plus active dans la politique intérieure israélienne ou que le parti de Lieberman a élargi considérablement le panel de son électorat ?

Michel Bôle-Richard : D’abord, Israël Beitenou n’a pas fait le score qui avait été annoncé par tous les organismes de sondages qui prédisaient aux alentours de vingt députés, alors qu’il y en avait onze dans l’ancienne législature [Israël Beitenou aurait obtenu quinze sièges]. Mais la progression de ce parti, qui a seulement dix ans d’existence, déborde largement la communauté d’origine russe, qui, je le rappelle, est d’un peu plus de 1 million d’habitants. Cela est la conséquence de la guerre à Gaza et du réflexe sécuritaire qui s’est emparé d’Israël depuis ce conflit.

Olivier : En matière d’économie, y a-t-il des différences significatives entre le Likoud, Kadima et Israël Beitenou ?

Michel Bôle-Richard : En matière de politique économique, ce qui est sûr, c’est que dans le Likoud, Nétanyahou est un ultra-libéral, il a promis de réduire de 20 % les impôts pendant les quatre années de sa législature et de pratiquer une politique de grands travaux pour faire face à la crise. Il avait laissé un très mauvais souvenir alors qu’il était ministre des finances dans le gouvernement d’Ariel Sharon car il avait pratiqué des coupes claires dans toutes les dépenses sociales. Il est vraisemblable qu’aujourd’hui il sera beaucoup plus prudent dans ce domaine.

En ce qui concerne Kadima, c’est une politique beaucoup plus interventionniste mais qui reste d’essence libérale. Quant à Israël Beitenou, je n’ai jamais entendu Lieberman faire de commentaires sur la situation économique.

Mais ce qui est sûr, c’est que la crise mondiale n’a pas encore frappé de plein fouet l’économie israélienne, même si le chômage continue d’augmenter sérieusement et que ce sera, dans un avenir proche, la première préoccupation des Israéliens. D’ailleurs le slogan favori de Nétanyahou pendant la campagne électorale était : fort en économie, fort en sécurité.

David_Miodownick : Le principal problème ne réside-t-il pas dans le mode de scrutin ultra-proportionnel ? Israël n’aurait-il pas intérêt à adopter un mode de scrutin mixte afin de garantir sa stabilité gouvernementale et ainsi éviter une fragmentation électorale chronique ?

Michel Bôle-Richard : C’est évident. Il y avait trente-trois partis qui se sont présentés aux élections, douze auront des députés à la Chambre. C’est un scrutin proportionnel à l’échelle nationale, avec un seuil fixé à 2 %, ce qui entraîne une fragmentation de la représentation politique, qui depuis longtemps est constatée. Chaque fois, après les élections, les dirigeants des partis affirment vouloir y remédier, mais ne font rien.

Laurent Borredon

http://www.lemonde.fr/international/article/2009/02/11/israel-l-electorat-de-gauche-a-vote-utile_1153687_3210_1.html

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